Maison plus « verte », maison plus chère

Le coût de construction des habitations va-t-il partir à la hausse, tiré par les impulsions environnementales de l’Europe ? « Une directive prévoit que d’ici à 2020, les nouvelles habitations ne devront consommer quasiment aucune énergie, rappelle Marc Depraetere pour le groupe Matexi, développeur spécialisé dans le résidentiel. Aux Etats membres d’appliquer cela comme ils l’entendent. »

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En Belgique, la mécanique est enclenchée : Flandre en tête, les Régions imposent des normes de plus en plus strictes (lire cicontre). Avec quel effet sur les coûts ? « Une construction ultra-performante, comme une habitation passive, entraîne un surcoût de construction de l’ordre de 15 à 20 % », estime Jean-Pierre Liebaert, à la tête du département économique de la Confédération Construction. Une hausse que les candidats acquéreurs feraient bien d’intégrer dans leurs prévisions budgétaires puisqu’en immobilier, 2014, c’est demain.

La norme « E »

Contrairement au coefficient « K » qui mesure le niveau d’isolation, la norme énergétique « E » évalue la consommation d’énergie d’une habitation. Plus la norme est basse, moins l’habitation est énergivore. A Bruxelles, les constructions neuves ne peuvent dépasser E 90, la norme passant à E 70 dès juillet 2011. L’exigence wallonne pour les constructions neuves passera de E 100 à E 80 en septembre de cette année et vise la norme « basse énergie » (aux alentours de E 60) dès 2014. La Flandre est la plus stricte : de E 80 actuellement, la construction devra passer à E 70 dès janvier 2012 et E 60 dès janvier 2014.

« Ce surcoût reste à objectiver », insiste Marc Depraetere. C’est le but de l’expérience menée à Anvers. Matexi y construit deux maisons qui répondent, selon les premières estimations, à la norme E 20. « Soit une habitation à peu près passive, coûtant environ 350 euros par an en énergie. » Budget nécessaire : quelque 30 % de plus que pour l’érection d’une maison de type E 80. « Si l’on bâtit à grande échelle, ce supplément va diminuer. »

Un constat partagé par Jean-Pierre Liebaert. « Nous sommes passés par là pour les panneaux solaires ; c’est en cours pour les voitures électriques. Nombre de bâtisseurs pour compte propre vont au-delà des normes et la promotion livre de plus en plus d’habitations “basse énergie”, alors qu’il y a cinq ans, personne ne savait ce que c’était ! Il faut laisser le temps au marché de se diriger vers ces normes, afin que le surcoût d’exception disparaisse. »

Pour l’économiste de la Fédération Construction, le financement de ces habitations plus onéreuses à la construction mais plus économes à l’usage ne devrait pas poser problème. « Opter pour une habitation économe est un véritable investissement, ce n’est pas un caprice comme une façade bardée de dorures. Si la facture énergétique d’un ménage diminue, sa capacité d’emprunt augmente. Tous les analystes crédit des banques n’ont sans doute pas encore bien intégré cela. »

Source: Le soir.be

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